Frédéric Pasquini & Magali Revest

Frédéric Pasquini & Magali Revest


Visuels

Exposition photo-graphique
Du 2 au 16 décembre

Frédéric Pasquini & Magali Revest
Le Bal de la Rose

Vernissage : samedi 2 décembre à 18H30

Uni-vers-photos accueille Frédéric Pasquini & Magali Revest durant deux semaines en leur permettant une entière liberté sur l’appropriation de l’espace-galerie. Deux univers, deux regards, l’un graphique et l’autre photographique, cette proposition d’exposition favorise la mise en perspective des médiums dans une installation scénographique qui habille l’ensemble.

Magali Revest est artiste pluridisciplinaire dans le domaine des arts vivants et des arts plastiques elle propose des performances, des environnements visuels où le dessin est un de ses modes d’expression. Pendant le processus d’élaboration, elle photographie les dessins et ils deviennent alors de courts films d’animation image par image.
En 2016, Magali propose une exposition dans le cadre du parcours d’artiste de Bruxelles où elle expose une série de photos-compositions autour de l’enfance, de la petite fille et de la rose.

En 2017, elle rencontre l’univers photographique de Frédéric Pasquini, celui-ci lui propose d’intervenir graphiquement sur une série de photos qu’il a réalisé en 2015 dans la vallée de Kazanlak, appelée vallée des roses en Bulgarie.
Après avoir réalisé une série de photographie sur les faucheurs de lavande sauvage sur le plateau de Caussols, Frédéric voyage pendant quinze jours en Bulgarie pour suivre le processus d’élaboration de création de l’eau de rose et de l’huile essentielle, de la cueillette à sa production dans la distillerie. Les photographies présentées montrent à la fois les cueilleurs de rose et la distillerie qui offre une ambiance particulière. La macération génère une odeur très forte voir nauséabonde, l’atmosphère est chaude et humide.

Le bal de la rose

Elle se nomme « La rose de Damas » (Damascena), elle embaume par son parfum et à des propriétés exceptionnelles, elle est arrivée sur ce territoire au XVIIIe siècle par l’intermédiaire des Turques. L’huile essentielle obtenue après distillation est si raffinée qu’elle est devenue depuis deux cent ans l’emblème national du pays. Pour faire un kilo d’huile de roses, il faut distiller environ 4 tonnes de fleurs. La Rose de Damas s’arrache à prix d’or soit 7000 euros le kilo…

Au moment de la cueillette, le folklore bulgare donne lieu à des mises en scènes « artificielles » où les touristes sont reçus par des bulgares en costume traditionnel. Le folklore touristique s’invite, alors dans ce champ de roses. A la demande des organisateurs de voyages, la durée des festivités s’est rallongée de quelques jours et se tient désormais du 24 mai au 10 juin.

Pourtant, Frédéric choisit de montrer la cueillette par les Roms de cette rose d’exception. Pour notre regard novice, il s’agit d’un autre folklore : celle d’une communauté Roms très présente en Bulgarie, pauvre et vivant dans des bidons-ville.
Les Tziganes ont encore aujourd’hui des difficultés à se faire reconnaître au sein de la société, pourtant, la cueillette de la rose raconte aussi leur histoire. La population Tziganes compte 600 000 individus en Bulgarie. Ce sont ceux à qui on réserve les salaires les plus bas et les travaux les plus dégradants.
Prêts à sacrifier certaines de leurs « roses », les Tziganes foulent aujourd’hui cette terre pour nourrir leurs familles.
Ce bal d’ouvriers joyeux ramasseurs de rose est là pour nous rappeler que l’essentielle de l’humanité est dans la beauté d’un savoir-faire et non la spéculation galopante de quelques-uns qui déconsidèrent le travail des artisans de la terre.
Le titre de l’exposition Le bal de la rose renforce l’engagement des deux artistes qui par leur collaboration souhaite ouvrir aux regards l’arrière du décor de l’industrie du parfum, chasse gardée des plus grands parfumeurs du monde.
Paradoxe de l’histoire, cette vallée est un fief révolutionnaire dans l’histoire Bulgare. De nombreux habitants ont longtemps résisté contre l’occupant Ottoman…

Biographie Frédéric Pasquini

Frédéric est artiste photographe sa démarche est celui du baroudeur, il aborde la photo sous le prisme du documentaire, cette approche lui permet de réactualiser son regard et assouvie son appétit de curiosité.
Fondateur et directeur d’une agence de communication pendant 20 ans, il a toujours cherché à développer des projets où l’ouverture sur l’autre était le point d’orgue.
Utiliser la communication dans son sens le plus noble, en construisant des partenariats par la mise en place de projets transversaux où la créativité et l’intervention d’artistes permettait à l’agence de recréer du lien social.
Ces expériences le conduisent à mettre en place en 2015 le projet Tandem au cœur de la ville de Vence. Le point d’orgue de Tandem était de fixer en image l’instantané d’un couple qui au départ ne se connaisse pas et n’a rien en commun. Ainsi, le vivre ensemble était posé par cet acte photographique donnant à voir des singularités et une humanité qui transparait sur le papier.

Frédéric Pasquini est un photographe documentaire par nature, il arpente le bitume mais aime aussi travailler sur des sujets en lien avec la nature. Pendant deux ans, il photographie et filme les faucheurs de lavande sur le plateau de Caussole au-dessus de Grasse. Cette aventure le conduit en Bulgarie en 2015 afin de prendre part au ramassage de la rose.
Comme l’enfant qui regarde pour la première fois le monde dans lequel il vient d’arriver, Frédéric aspire à mettre en lumière les décalages, les instants truculents de la vie, les moments de grâces et les fragilités. Un peu en suspension, Frédéric Pasquini interroge notre humanité dans cette société moderne en transition.
« L'essence de la Photographie, qui la rend unique, c'est qu'elle ne se distingue jamais de son référent ; ce qu'elle reproduit à l'infini n'a eu lieu qu'une fois. »
La Chambre Claire ; Roland Barthes

Biographie Magali Revest

Magali est artiste pluridisciplinaire, elle vient à la fois des arts vivants et des arts plastiques.
Elle cultive sa soif de culture et de savoir depuis l’enfance, laissant s’ouvrir à elle les chemins qui traduisent aujourd’hui une démarche artistique qui s’écrit avec les rencontres. Ce qui l’anime ce sont les liens entre l’image fixe et le mouvement. Comment une image peut prendre vie ?
Elle travaille alors sur l’image de soi, l’image de soi par rapport au monde et les questions philosophiques qu’elle se pose rejoignent l’essentiel de notre existence : l’Origine.
D’où venons-nous et comment vivons-nous dans ce monde en mouvement perpétuel ?
Alors, elle questionne au fil de ses rencontres : le corps, le lien, la trace, la mémoire. Les médiums qu’elle déploie pour questionner notre monde sont à la fois, la danse, le théâtre et les arts plastiques.
En septembre 2017, elle termine un mémoire de recherche à Nice autour de la danse et du dessin ; « Corps dansant, corps dessiné » cette recherche questionne la trace que nous laissons, nous individu après notre passage. Ce fugitif instant de la représentation que devient-il ?

Depuis vingt ans elle propose des ateliers de pratiques artistiques à destination des publics scolaires enfants et adolescents. Elle enrichie sa pratique pédagogique par un cursus d’éducation somatique. Pendant dix ans, elle fonde et dirige une compagnie de théâtre-gestuel à Bruxelles, elle sera l’auteure d’une dizaine de productions.
Aujourd’hui avec Le bal de la rose, elle intervient à l’intérieur de l’univers photographique de Frédéric Pasquini par le dessin, la scénographie et une performance, ainsi l’évocation, la mémoire visuelle et la mémoire individuelle se croisent pour laisser la trace de sensations au-delà de la photographie.